Vous l'avez sans doute remarqué, dans ma catégorie "Censure" figurent énormément de commentaires refoulés relatifs à des articles publiés par "Le Figaro", "Les Echos", "Le Point"... (que des journaux clairement de gauche, proches du peuple et des préoccupations des plus faibles...)

J'aime aller les chercher là où ils s'assument, là où ils osent exposer leurs égoïsmes, leurs égocentrismes, leurs aveuglements... J'aime les provoquer, j'aime les secouer, les mettre devant leurs incohérences. Je pourrais aussi m'en donner à coeur-joie avec les Libé et autre "Le Monde"... Mais là, c'est plus fort que moi, l'hypocrisie me scie, je ne vois pas quoi dire lorsqu'on est d'accord sur le constat, sur les causes, mais qu'on préfère freiner des 4 fers pour changer pour ne surtout pas sacrifier son propre confort, ses propres avantages, dilemme duquel la gauche ne semble pas prête à s'extirper quand on voit que DSK "serait" le candidat préféré de la gauche... Non clairement, avec ces derniers, je serais trop tranchant, ça ne passerait pas (j'ai bien essayé). Je trouve beaucoup plus choquant un quotidien de gauche qui fait du droitisme de gaucher, qu'un quotidien de droite qui fait gauchement du droitisme.

Mais je pratique avant tout cette lecture par curiosité sociologique. J'aime savoir où ils en sont, savoir vers quoi ils se dirigent, quels sont leurs profils (rédacteurs, commentateurs), quels sont leurs aspirations. J'aime détecter dans le ton et dans les termes employés les prochaines étapes de leur plan (je parle bien sûr de M. Sarkozy confortablement installé aux manettes de ces médias, outil d'influence politique parmi tant d'autres). Le lexique employé dans ces articles, notamment dans le titre, est capital. Il déterminera de manière extrêmement poussé l'état d'esprit avec lequel le lecteur appréhendera sa lecture de l'article.

Ainsi par rapport à Eric Woerth, on observe une véritable compétition de la part des rédacteurs d'articles... (car peut-on réellement encore les appeler des journalistes?) non pas dans les investigations pratiquées sur le terrain... non non... c'est dépassé! (et ça coûte beaucoup trop cher) Non, ce qui compte pour leur carrière dorénavant, c'est leur capacité à user de la langue de bois, leur compétence dans la recherche de synonymes, de subterfuges linguistiques et de métaphores alambiquées, dans le but de contenir la polémique, de tenter de désamorcer les bombes politiques qui n'en finissent plus d'exploser tout autour de M. Sarkozy... La dernière en date étant cet immense soupçon qui pèse à nouveau sur l'ancien ministre du budget, concernant une affaire de dissimulation de fraude fiscale par M. Peugeot....

Remarquez le style... L'élégance du titre: "Le nom de Woerth, ministre fragilisé, cité dans une nouvelle affaire, selon la presse"...

Petite explication de texte...

"le nom de Woerth" ?... Est-ce qu'on parle d'un homonyme? C'est sa femme ce coup-ci ou c'est lui? C'est son nom qui est attaqué ou c'est le ministre lui-même??

"Ministre fragilisé"... AH BON? La corruption, que dis-je, les corruptions, les trafics d'influence pour être plus politiquement correct, ça ne fait que "fragiliser" un ministre?... En d'autres temps, je pense qu'on aurait déjà sorti l'échafaud et fait paraître l'avis d'exécution... Mais bon, je me calme parce que je vais me faire attaquer par Mme Woerth... C'est qu'elle grifferait la bougresse... Je pense qu'elle va moins la ramener dans le futur.

"cité dans une nouvelle affaire..." ? Euh... C'est lui l'affaire!!

"selon la presse" ou comment balancer une news tout en ne prenant aucun risque quand à son impact: "c'est les autres qui l'ont dit".

Quand on pense que la plupart des gens ne font que lire les titres, en diagonale, en quelques secondes sur un kiosque, une vitrine des librairies, ou autre comptoir de bar, on comprend mieux comment les médias influent sur la manière avec laquelle la population perçoit la réalité.

Et je vous rappelle la petite phrase de M. Sarkozy hier: je soutiens Eric Woerth, "totalement et complètement". M. Sarkozy parlant en son nom mais aussi au nom de toute la France, nous sommes donc devant une complicité "totalement et complètement" avérée de corruption généralisée de l'exécutif, voire même de l'Etat français.

Garde à vue?