Ceci est une déclaration de guerre.
Depuis le début du 20ème siècle, l'Homme a commencé à détériorer son
environnement. Cet impact destructeur n'a jamais cessé d'augmenter. Pire,
celui-ci suit une courbe exponentielle (sans doute plus ou moins parallèle à la
courbe de la consommation délirante des pays dits "développés"...)
Lentement... Très lentement... l'Homme a commencé à comprendre les effets de
cette pollution aveugle, et à en mesurer la portée sur l'équilibre de notre
éco-système. Pourtant, rien - ou quasiment rien - n'a changé. Et surtout, loin
de s'être améliorée, la situation ne cesse d'empirer, sous la pression de
systèmes capitalistes libéraux dont la seule règle reste encore et toujours: le
profit. Les plus touchés sont comme toujours les plus faibles, qui dépolluent
nos vieux navires de leur amiante à moindre coût, stockent nos déchets en les
enfouissant dans leur sol, subissent la désertification ou la montée des
eaux... Vous l'aurez compris, pour ceux-là, le profit est bien peu de choses,
mais survivre... Bref, vous connaissez le capitalisme!
Mais de nos jours, cette réalité, bien que camouflée et minimisée au maximum
par les lobbies industriels et leurs alliés politiques (à grand renfort de
budgets de communication, d'études manipulées, de campagnes de désinformation,
de promesses fallacieuses et de labels éco-mon-cul-c'est-du-poulet?) finit
enfin par arriver aux oreilles du public. Dans le brouhaha de la "crise", on
entend donc quand même quelques voix s'élever pour dénoncer, ici les stockages
sauvages de déchets radioactifs, là les effets des pesticides sur les abeilles
ou sur votre santé... pour faire simple, la complète inadéquation de notre
système avec la pérennité de notre environnement. Les décisions étant prises
pour les mauvaises raisons ne peuvent amener qu'à de mauvais résultats.
L'Homme a beau prendre le problème dans tous les sens (ne vous en déplaise
M. Sarkozy), il ne pourra pas tout avoir. Comme le disait mon père (sans
comprendre qu'un jour je l'appliquerais dans un tout autre contexte), on ne
peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre (il aimerait rajouter "et la
crémière avec!!").
Tant que l'Homme n'aura pas compris que son premier intérêt est celui de la
planète qui l'abrite, rien ne changera. Mais un autre paramètre est
actuellement en train de rentrer en ligne de compte: infliger une pollution à
autrui, c'est lui nuire, c'est l'agresser, très concrètement. Je m'explique...
Il est interdit de prendre un flingue et d'assassiner votre voisin... et on
comprend assez facilement pourquoi... Mais qu'en est-il alors du pesticide
qu'il pulvérise allègrement sans aucune précaution et qui atterrit sur vos
légumes bio, puis dans l'assiette de votre enfant que vous souhaitiez protéger?
Qu'en est-il de toutes ces bagnoles dont vous vous efforcez de vous passer et
que d'autres démarrent en faisant ronfler sur 500m pour aller acheter leur
pain... Qu'en est-il des emballages et sur-emballages, produits jetables (ou
presque comme le high-tech), ou plus généralement la consommation de masse qui
assèche notre Terre de ses ressources naturelles et génère des masses
gigantesques et ingérables de détritus, dont l'incinération systématique
produit les toxines (dioxine) les plus dangereuses pour l'Homme jamais vues sur
Terre. Que dire de ces agressions? Pourquoi faudrait-il les supporter plus que
le flingue du voisin? Tuer à petit feu, n'est-ce pas tuer aussi?
Le monde a changé, et aujourd'hui, moi comme beaucoup d'autres, nous avons
décidé de stopper notre course effrénée vers le mur. J'ose espérer que c'est
cette prise de conscience qui est en train de tirer inexorablement l'humanité
vers la sagesse, l'humilité et la simplicité... (et non une soi-disant "crise"
financière et économique que j'espère tout sauf passagère). Puisque les
industriels n'ont pas su se raisonner, puisque les politiciens n'ont pas voulu
les y forcer (ai-je besoin de vous expliquer pourquoi?), un clivage est né au
sein de la population et il y a aujourd'hui deux camps bien distincts. Ceux qui
acceptent qu'il faut drastiquement et immédiatement revoir nos modes de vie et
qui s'y emploient, et ceux qui s'y opposent et qui préfèrent jouer la sourde
oreille ("après moi le déluge..."). Et attention, il ne suffit pas d'être
d'accord avec moi pour être dans mon camp... Il est loin le temps où il
suffisait de blâmer le "système" pour se justifier de son comportement ("on
peut pas faire autrement", "bah c'est comme ça, on a toujours fait comme
ça...", "l'Homme trouvera bien une solution..."). Non, aujourd'hui c'est dans
l'action que chacun sera jugé. Tu pollues, tu me tues.
Et comme il faut bien commencer par quelque chose, je vais vous présenter un
exemple qui me tient à cœur parmi les milliers que j'aurais pu choisir. Voilà
plusieurs semaines que je me consacre à la création d'un jardin potager. A
cette occasion, je passe énormément de temps dehors, ce qui tombe bien puisque
j'adore ça. Au risque de passer pour un con aux yeux des citadins invétérés
passionnés d'écrans minuscules, j'aime regarder pousser les plantes et les
arbres, guetter les bourgeons, les animaux, observer la terre, le vent, les
nuages, le ciel, la lune, les étoiles... Et si dans mon petit paradis je
parviens plus ou moins à nous protéger, moi et ma famille, des agressions
extérieures, il subsiste une pollution tellement flagrante, tellement honteuse
et tellement insoutenable que je n'en peux plus de la supporter. Vous qui vivez
enfermés, contraints et forcés ou simplement par goût, vous ne vous en rendez
peut-être pas compte, mais pour moi qui suis presque constamment dehors, quand
je vois ceci, je n'en peux plus, je CRAQUE!!
J'ai fait le tour de ma maison cet après-midi. Alors que le ciel aurait
visiblement du être parfaitement bleu et clair, voilà ce qu'on pouvait
voir:
A l'est... 
Au sud... 
A l'ouest... 
Au nord... 
Posez la question au commun des mortels et il vous expliquera
pseudo-scientifiquement que c'est la condensation machin-truc-bidule...
D'autres nomment ces traînées des chemtrails (épandages chimiques à l'insu du
public), et je dois avouer que je ne serais pas étonné outre-mesure d'apprendre
que l'industrie aérienne sert de couverture à un immense traitement chimique de
la population (reportez-vous donc à l'histoire pour connaître les limites de
nos dirigeants... et oui, vous avez trouvé... aucune!) Bien sûr, j'aimerais des
éclaircissements sur cette théorie, mais ce que je voudrais surtout, c'est
remettre tous les gens qui prennent ces milliers d'avions devant leurs propres
responsabilités.
Ce moyen de transport est le plus polluant que l'Homme ait jamais conçu, et
ce fait est de notoriété publique. D'autre part, personne ne ferait voler
d'avion sans passager. Et personne n'oblige les passagers à prendre ces avions.
J'en conclus donc que ces passagers:
- sont parfaitement conscients d'utiliser un moyen de transport
ultra-polluant,
- sont directement responsables de cette situation catastrophique.
Ces passagers peuvent toujours le nier, retourner le problème dans tous les
sens, mais ces passagers nous tuent.
J'entends de là les chouineries du genre:
- "oui mais on peut pas faire autrement": FAUX. Le bateau à voile ou à bois
serait neutre pour l'environnement,
- "oui mais ce serait beaucoup plus long": VRAI. Et alors? Vous vous risqueriez
à sauter du haut d'une tour plutôt que de prendre l'escalier sous prétexte que
c'est plus rapide pour descendre? Doit-on continuer à crever de la pollution
parce qu'une infime partie de la population estime normal de polluer comme un
connard simplement parce qu'elle en a les moyens!?
- "oui mais ça va ralentir l'économie...": VRAI!!! En voilà une bonne
nouvelle... A l'heure où il faudrait DRASTIQUEMENT réduire notre consommation
des ressources de la planète! Non pas un peu... Non pas 50%!! DRASTIQUEMENT!!
Un américain consomme 6 fois plus qu'il faudrait. Un français 4 fois et demi
plus... Drastiquement donc.
- "oui mais certaines destinations deviendront quasiment inaccessibles": VRAI.
Certaines destinations devront redevenir inaccessibles au commun des mortels
qui sera né loin, il faudra l'accepter ou inventer de nouveaux moyens de
transport non polluants. Et alors? Pensez-vous que vous mourrez de n'avoir pas
vu l'autre bout du monde? Non... Avez-vous déjà seulement vu ce qu'il y a
autour de chez vous? A portée de jambes? Par contre d'autres meurent
concrètement aujourd'hui du fait qu'une infime minorité se permet ce genre de
luxe écologique... C'est avéré, c'est accepté, c'est à gerber.
- "oui mais euh...": Evidemment... Evidemment que tu n'as plus d'arguments, car
aucune démonstration - je dis bien aucune - ne saurait justifier une telle
débauche de pollution. C'est tout simplement insoutenable. Mais on pourrait
aussi parler de la F1 ou des sports mécaniques en général... d'Areva et de ses
anciennes mines d'uranium en Limousin, de l'industrie pétrolière ou automobile,
des insecticides, des OGM et des semences, des médicaments, des vaccins... Tous
ces domaines dans lesquels les zéros sont devenus trop nombreux pour garder la
raison...
Mais que les choses soient bien claires maintenant... Tu pollues, tu me
tues. Tu me tues, je te tues. Légitime défense.
A bon entendeur.
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